Un peu d'histoire

Situé sur une terrasse qui surplombe la vallée de l’Agoût, de quelques dizaines de mètres, cet emplacement a été, à travers les siècles, un haut lieu stratégique. La vallée, couloir naturel entre Atlantique et Méditerranée a vu passer plusieurs civilisations.

De la préhistoire sont rassemblés quelques témoignages des différentes étapes dans une des vitrines à la Mairie du village.

La deuxième est consacrée à l’époque Gallo Romaine et Mérovingienne

L’origine  étymologique de « Cap de Joux » anciennement « Cada Jovis » a donné lieu à diverses interprétations plus ou moins sérieuses. Cette appellation a connu plusieurs orthographes et a été précédée, lors de la christianisation de la région, du nom de Saint Paul pour devenir au fil du temps Saint Paul Cada-Joux et enfin Saint Paul Cap de Joux.

Nous connaissons mal l’histoire du village durant le premier millénaire. La première des grandes époques qui l’a marqué fut certainement son rôle durant la croisade des Albigeois.

St Paul Cap de Joux fut le siège de l’évêque Cathare de Toulouse. C’est dans ce lieu que St Bernard de Clairvaux est venu prêcher en juin 1145, contre ce qui deviendra l’hérésie Cathare. Plusieurs historiens nous parlent de son site et du cimetière Cathare sans pour autant le situer par rapport au village. Guillaume Prunet, originaire de St Paul, qui avec d’autres parfaits, fut de ceux qui fondèrent la communauté Cathare  dans le nord de l’Italie, nous apporte certainement des précisions forts intéressantes. Il décrit un enterrement de nuit dont le cortège funèbre est parti de la maison du seigneur des Cassès pour aller au cimetière tout proche. Ce seigneur est venu se réfugier dans notre région, fuyant son château situé actuellement dans l’Aude.

Sachant que nous avons dans la commune une ferme qui s’appelle Les Cassès et que tout près se trouve la chapelle du XIVème de Sainte-Cécile de Plane Sylve, tout porte à croire que c’est bien là, le site Cathare de St Paul, dont on nous parle souvent, d’autant plus que les catholiques ont fréquemment occupé les anciens sites cathares afin que les « hérétiques » ne si installent plus. Les premiers textes évoquent la construction de la chapelle, aujourd’hui entièrement restaurée, mentionne la date 1308.

Alors que le royaume de France traverse une crise grave, puisque plusieurs prétendants se faisaient la guerre pour accéder au trône, Henri de Navarre rencontre à St Paul  le Duc de Montmorency, Gouverneur du Languedoc. Le 10 août 1585, ils signèrent ensemble le Manifeste de St Paul. Le Languedoc s’allie, ainsi, à la cause du Roi de Navarre. Sully présent lui aussi à St Paul, écrira dans ses mémoires : ce manifeste sera déterminant pour l’accession au trône de France, du roi Henri IV.

Après l’assassinat de ce roi, les guerres de religions reprennent dans notre région. Plusieurs villages seront détruits. Défendu par Marguerite de Corneilhan, seigneur de ce lieu et de Magrin, St Paul Cap de Joux, après un long siège, sera entièrement détruit par les troupes du Maréchal de Thémines envoyé par Richelieu, les villageois étant majoritairement de religion protestante.

La collégiale intra-muros et les églises de St Amans et St Gratien du Gourmier subiront le même sort. Seule restera debout Ste Cécile de Plane Sylve. La Bastide Royale de Damiatte, construite au XIIIème siècle pour faire face à St Paul l’hérétique, et de religion catholique sera également détruite pour avoir hébergé des habitants de St Paul qui s’y étaient réfugiés.

Le village se reconstruira lentement sans jamais retrouver son importance des débuts du XVIIème siècle, ce n’est qu’au XIXème qu’il prendra l’aspect actuel avec la construction de l’Hôtel de Ville de l’église actuelle et de l’aménagement des grandes places.

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